Depuis plus de 10 ans, j'élabore un travail photographique et plastique qui articule mes réflexions sur l'espace (l'espace réel en écho à celui de l'image), les précarités, la place de l'homme dans son environnement et la qualité de celui-ci. Paysages, architectures, natures-mortes, portraits : au-delà des genres, j'explore la trame du vivant et en prends le pouls dans chaque image. Mes inspirations sont largement empruntes de la poésie des ready-made, du surréalisme et de l'approche animiste, minimalisme et documentaire. La conception et l'animation d'ateliers photo à destination de différents publics, notamment des publics empêchés-éloignés, me permet de partager cette approche relationnelle (à soi et aux autres) au cœur de la photographie comme support de médiation. Je travaille de plus en plus la photographie sous forme d'installations, l'articulant avec l'écriture, le dessin, le volume.

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COMMENT EMBRASSER UN ABSENT, 2020
Clou et tirage photographique noir et blanc 50×70 environ.

Ce projet explore la notion de présence-absence, au travers de scènes jouées évoquant la relation à soi, aux autres, à la disparition et à l’éphémérité du corps. Une première photographie a été présentée à l’exposition « Plus belle la mort » aux Ateliers des Trois Huit l’année dernière, le reste est en production et prendra la forme d’une installation. La photo devient silhouette flottante et chuchote dans l’espace, au travers des murs. A nous de tendre l’oreille.

LE TEMPS GELE, confinement 1, 2020
12 photographies couleurs

Réalisée pendant le premier confinement, dans le cadre d’un défi du collectif DIAPH8, cette série parle un langage gestuel silencieux, celui ce temps «gelé» où la vie semble en suspend, comme au ralenti. La matière de l’eau transformée en glace parle aussi de l’urgence organique : urgence à sauver des vies, à retenir son souffle. Sous la forme d’une variation de vanités en bord de fenêtre, ces parties de corps congelées nous renvoient à notre propre corps pétri d’attente sans horizon.

TANGER/UNDER-CONSTRUCTION, 2013
20 photographies couleurs

En 2013 je suis partie assister l’artiste Yto Barrada pendant deux mois à Tanger. J’ai découvert une ville sans dessus-dessous, en plein essor économique et immobilier. Le développement ultra rapide du Port Tanger Med ainsi que des abords de la ville avec des centres commerciaux « à l’européenne », fleurissent jusqu’à l’aéroport dans un certain chaos. Les tours s’arrêtent de pousser en plein champs, les coins de paradis restent des coins de paradis, mais pour combien de temps ? Des rencontres extraordinaires ont jalonné ce coup de foudre qui me pousse sans cesse à vouloir y retourner.

LA MAISON DES PARENTS, 2012
Extraits de la série de 20 photographies couleurs formats variables
Exposition aux Ateliers Les Trois Huit à Nancy en 2019.

La maison des parents est ce lieu nécessaire où, avec beaucoup d’engagement de la part de l’association AREMIG, les émotions les plus diverses peuvent s’exprimer dans un cadre bienveillant. Ici règne d’abord l’écoute, l’entraide, les rires, les pleurs, la vie quoi.
Je suis venue régulièrement faire des photographies au sein de cette maison, rencontrer les parents qui passent leurs journées entre les visites à leur enfant hospitalisé à quelques dizaines de mètres au CHRU de Brabois-enfants, les soins et le quotidien en pointillé.
Je tente de rendre compte avec pudeur, au travers de l’espace et des détails, des états d’âmes qui se téléscopent, de rendre tangible l’investissement émotionnel des personnes qui habitent ces espaces, où l’enfant est partout et nulle part à la fois.

PAYSAGE AU CARRE, 2011-2013
16 photographies 80×80 cm et présentées en planches également.

Cette série pose un regard amusé et poétique sur l’architecture du quotidien dans lequel chacun évolue sans y prêter trop d’attention. Ici se rencontrent la rationalisation et le fonctionnalisme hérités de la pensée moderniste au travers des formes géométriques répétitives et des matériaux simili ainsi qu’une certaine idée et volonté de nature rapportée parfois à grand coup d’artifices à l’intérieur de nos espaces de vie dans une quête paradoxale de contact avec elle autant que d’affranchissement. C’est également un travail sur l’espace et le temps. Sans figures humaines les traversant, ne donnant aucune mesure du temps qu’y s’y écoule, ces espaces agissent comme des SAS de dé-compression, représentant le passage entre une intériorité et une extériorité, tangibles hors-champs, nous ramenant à nos espaces de vie premiers : notre corps. Ces surfaces et volumes désinvestis, nous renvoient à nos conforts de vie tout relatifs et une rationalisation tant interne, psychique qu’externe, matérielle et scoiétale.

TRACES DE LA GUERRE EN LORRAINE
7 photographies couleurs

Photographies prises sur plusieurs sites de batailles en Lorraine au gré de mes balades. Les sols, les murs gardent les impacts des balles, des explosions qui ont remodelé certains sites tels des cicatrices sur des corps résilients. Cette particularité fait partie du paysage Lorrain, entre autres, et permet de le voir autrement.

NOS LIMITES, recherches
7 photographies couleurs

Recherches sur l’espace et ces délimitations en photographie : la ville est composée de tellement d’espaces distincts, aux fonctionnalités et aux esthétiques variées, parfois de façon peu perceptible, que je me suis amusée à en relever quelques unes. Ces délimitations posent la question du dédoublement du cadre dans le cadre de l’image photographique ainsi fragmentée en plusieurs parties. Ces passages, frontières, limites, vides en tous genres ouvrent des brèches dans la structure de l’image, entre le réel et l’imaginaire, dans lesquelles le regard peut se perdre et la rêverie et la narration peuvent advenir. friches/route/corps/rivière/voies ferrée/forêt/béton/etc./ rompent, relient, redécoupent et recomposent poétiquement notre quotidien et nos regards. Gordon Matta-Clark achetait en 1973 une parcelle inusitée à New York (Reality Properties : Fake Estates (RPFE)) afin de la sauver de la spéculation et de la réinvestir poétiquement.

DERNIERES NEIGES
4 photographies 40 x 50 cm.
Une des photographies fait partie de l’artothèque L’art en partage, galerie 379.

Camp de fortune, jardins, autres lieux propices au blanc : le blanc recouvre tout, rend abstrait la surface de l’image, fait émerger morcelés les éléments d’une toile faites d’indices, de couleurs à priori dépareillés. Les indices du passage de l’homme posent une énigme sur les manières de vivre de chacun, l’écologie et l’art formant des tableaux aux formes et aux couleurs éclatées, tel un collage abstrait réalisé conjointement par l’homme et la nature, en référence au ready-made de Duchamps.

FAMILIERS JARDINS, 2010-…
21 photographies couleurs, 50 (40) x 50 cm.
Exposition à la galerie Ecoutez-Voir à Nancy en 2010.

Au fil des saisons s’offrent à nous le long des routes, parfois à peine visibles, les constructions de bric et de broc, cabanes en tous genres, pièges à lumières poétiques que sont les jardins familiaux anciennement « ouvriers ». J’ai eu envie d’explorer ces espaces à la fois éminemment sociaux et à la fois très personnels qui témoignent de notre lien à la nature mais aussi d’une capacité à ré-enchanter son environnement en y insufflant imagination, idées, émotions, dans des constructions toutes différentes (Pont-St-Vincent, Maxéville, Tomblaine, Laxou, Champigneulles et Epinal).

Villes en vies CCAM galerie Doisneau Alice Meyer

VILLES EN VIES, 2010
Exposition collective au CCAM de Vandoeuvre-Lès-Nancy, galerie Robert Doisneau;
5 photograPhies couleurs, formats divers.

Gilles Cordonnier de la galerie Ecouter-voir a réuni 14 photographes autour du projet de rendre compte de la vie d’une ville de taille moyenne comme Nancy au XXIème siècle, dans tous les domaines (santé, travail, loisirs, etc…) modestement inspiré de « Family of Man » de Edward Steichen. Nous nous sommes répartis les domaines et avons produit chacun quelques photographies pour composer un ensemble cohérent enraciné dans notre ville de coeur.

VISITE A L’HOPITAL, 2008
Exposition à la Médiathèque de Nancy-Manufacture en 2008.
20 photographies couleurs, 50 x 50 cm. + photographies non-exposées

Je suis retournée au C.H.R.U. d’enfants de Nancy-Brabois dans différents services (oncologie, rhumatologie, service des nourrissons, néphrologie, etc.) et ai interrogé par la photo mon expérience passée d’enfant entre ces murs. Les images composant cette série prennent le pouls de l’espace et du temps plutôt que des patients mais tentent de rendre palpables le ralentissement du temps qui s’égraine plus lentement. L’attente est interminable, la rêverie autorisée, le corps au ralenti est invité à la contemplation entre deux urgences, deux contraintes, il invente son propre temps, accueille le monde à son propre rythme que rien ne peut forcer : à hauteur de l’enfant que l’on est et qu’on reste au fond de nous une fois adulte.

RESPIRATIONS, 2007
5 vidéos d’environ 45 secondes chacune.
Projet de DNSEP à l’ENSA de Nancy.

Personne ne parle face à la caméra et chacun.e semble figé tels des portraits photographiques ressuscités de l’instant infinitésimal leur captation. En apparence pétrifiés devant nous sans pouvoir ou vouloir réagir, ces personnes filmées durant la retenue de leur respiration (jusqu’à la limite du possible) et ce dispositif interrogent la spécificité du médium photographique entre autres : capturer l’instant (ici étiré le plus possible), retenir le vivant (ici par le cadre), le figer (ici on voit que c’est impossible au-delà d’une certaine contrainte consentie), le préserver (seul l’expérience ici reste enregistrée), nous renvoyer à notre réalité de regardeur (ici des réactions d’imitations devant les vidéos ont été constatées).

FOR INTERIEUR, 2005
Photographies noir et blanc

Travail d’étudiante à l’ESAL de Metz autour du for intérieur et d’une psychogéographie inversée. Une poignée d’élève s’est prêté au jeu de trouver un endroit qui correspondait à son humeur, son caractère, sa manière d’être au monde, à proximité immédiate de l’école des beaux-arts de Metz. Ma demande était qu’ils.elles ne fassent plus qu’un avec ce paysage. Mon envie de mieux les connaître et cette volonté de photographier un paysage extérieur comme représentatif d’un état intérieur m’a poussé à les y intégrer avec une distance qui les perd presque totalement dans la composition comme un élément parmi d’autres.

LES MURS ONT DES OREILLES ET LES OEUVRES NOUS REGARDENT PATIEMMENT

Ce triptyque a été réalisé au Musée de l’Ecole de Nancy dans un moment de silence et de solitude, nous retrouvant en têtes-à-têtes avec les œuvres art nouveau, auxquelles nous avons voulu donner corps, littéralement. Persuadée que les œuvres nous questionnent et nous regardent, qu’entre nous et elle se forme la vraie matière de l’art, dans ce vide apparent, il nous a fallut les animer un instant.